Microbiote : il est aussi ce que vous mangez

Le terme microbiote désigne l’ensemble de la population bactérienne que chaque individu abrite dans son intestin.
Il est généralement admis que ce microbiote est relativement stable chez un individu au cours de sa vie ; mais il est vrai aussi qu’au sujet de notre population bactérienne intestinale, nous en sommes à l’âge de pierre tant nos connaissances paraissent parcellaires.

Ces bactéries semblent cependant jouer un rôle fondamental (n’appelle-t-on pas l’intestin, le deuxième cerveau) puisqu’elles sont vraisemblablement impliquées non seulement dans des maladies inflammatoires qui touchent l’intestin comme la maladie de Crohn, mais aussi dans l’obésité et les troubles de l’humeur.

Peut-on changer son microbiote ?

Réponse de normand : oui et non. C’est ce que pensent des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie. Ils ont pu montrer que notre microbiote dépend aussi de ce que nous mangeons : ainsi, les personnes qui ont une alimentation carnée et riche en graisses saturées ont une flore intestinale dominée par des bactéries de type Bacteroides tandis que Prevotella est l’espèce dominante chez les personnes qui consomment surtout des hydrates de carbone. Chez ceux qui consomment alcool et graisses poly-insaturées, on retrouve une prévalence de Ruminococcus.

Voulant aller plus loin, ces mêmes chercheurs ont recruté 10 volontaires sains qui ont consommé :
– pour une moitié d’entre eux, une alimentation très riche en graisses et pauvre en fibres,
– pour l’autre moitié, une alimentation pauvre en graisses et très riche en fibres.

Leur population intestinale a commencé à changer mais pour revenir à l’état initial lorsque l’expérimentation a pris fin 10 jours plus tard.

Conclusion : viande, graisses, hydrates de carbone, alcool influencent la qualité de notre flore bactérienne mais modifier ses habitudes alimentaires pour modifier sa flore intestinale est un processus qui demande beaucoup de temps. Mais qui vaut sans doute le coup d’être tenté si on est malade. Il y a aussi le recours aux probiotiques mais à condition là aussi d’en prendre en quantité suffisante et très régulièrement (en phase d’attaque tous les jours pendant 10 à 20 jours puis 2 à 3 fois par semaine en entretien).

Référence : Nathan Gray « You are what you eat : Gut bacteria enterotypes linked to diet », www.nutraingredients.com du 2 septembre 2011.

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